Les investissements dans le vin, l'or et l'écologie, une porte ouverte aux fraudes patrimoniales

Face à la méfiance croissante envers les placements financiers classiques, les escrocs adaptent leurs discours en proposant des investissements prétendument sécurisés dans des actifs tangibles. Le vin, l’or ou les placements “verts” deviennent les nouveaux terrains de jeu des fraudeurs, comme l’alerte l’AMF dans son dernier signalement.

Un schéma bien rodé… mais toujours aussi illégal
Depuis plusieurs années, l’Autorité des marchés financiers (AMF) publie régulièrement une liste noire des sites proposant des investissements en biens divers sans autorisation. Le dernier point d’alerte, daté du 1er août 2025, révèle l’inscription de quatre nouveaux acteurs non régulés : deux dans le vin et le champagne, un dans l’or, un dans les placements écologiques.
 

Le stratagème est souvent le même : un intermédiaire non enregistré promet l’acquisition d’un droit sur un actif tangible (cave de grands crus, lingots d’or, parc solaire…), assorti d’un rendement alléchant. Or, l’article L.551-1 du Code monétaire et financier impose un enregistrement préalable auprès de l’AMF pour toute commercialisation de biens divers à visée de rendement. Sans cet agrément, l’offre est purement et simplement illégale.
 

Depuis 2017, la liste noire de l’AMF dépasse les 415 adresses. Mais elle n’est jamais exhaustive. Les fraudeurs font preuve d’une agilité remarquable, changeant de noms de domaine et usurpant parfois les identités de prestataires légitimes pour tromper les particuliers.

Un discours séduisant… et une vigilance impérative
La tangibilité du produit – une bouteille de vin prestigieuse, un lingot d’or, une forêt à planter – donne une illusion de sécurité. Les escrocs exploitent aussi l’actualité : flambée du cours de l’or (+35 % en 2024), engouement pour les investissements verts, attrait patrimonial du vin.
 

Ce discours trouve un écho particulier chez les investisseurs prudents, voire novices, en quête de placements alternatifs. L’AMF le rappelle : ne vous fiez pas uniquement à l’apparence professionnelle d’un site. Avant tout investissement, comparez l’adresse du site à celle inscrite sur la liste blanche de l’autorité. En cas de divergence, il s’agit probablement d’une usurpation.
 

Le phénomène n’est pas nouveau. Après les escroqueries aux diamants, le schéma s’est décliné sur d’autres actifs physiques : cheptels bovins, vins et champagnes, puis cryptomonnaies ou produits structurés opaques. Le site Epargne Info Service de l’AMF enregistre une hausse continue des signalements, avec une progression de +11 % en un an.
 

La clé : vérifier systématiquement les autorisations d’un prestataire avant de verser un centime, en privilégiant la liste blanche plutôt qu’un coup de téléphone ou une brochure bien ficelée. En matière d’épargne, le réalisme doit primer sur la promesse.
 


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